Un nouveau texte du CNEGU, vient d’être mis en ligne sur leur site.

Il expose la « philosophie » de cette association.

Avant d’entamer l’examen du contenu, je me permettrais de faire une petite remarque au sujet de l’acronyme « CNEGU ».

Si les composants de ce dernier (Comité Nord-Est DES GROUPES Ufologiques ) étaient valides il y a plusieurs années, l’acronyme inchangé est devenu à l’heure actuelle, bien trompeur.

En effet le « Comité Nord-Est des Groupes Ufologiques » ne regroupe plus d’associations mais bien plus modestement quelques personnes.

Ceci est d’ailleurs honnêtement indiqué en page d’accueil de leur site : « Ces associations ont aujourd’hui disparu mais certains de leurs responsables poursuivent leurs activités au sein du CNEGU qui regroupe donc désormais des personnes et non plus des associations ».

Mais la composition de l’acronyme est, et reste, parfaitement abusive. Cette précision méritait d’être clairement exposée, pour ceux qui pourraient encore croire à un rôle fédérateur d’autres groupements ufologiques. Fin de l’apparté.

Venons-en au contenu.

En gras des extraits du texte (piochés sans trop me soucier de l’ordre).

La réputation du CNEGU repose souvent sur une profonde méconnaissance tant de ce qu’il est, que de la philosophie qui l’anime.

Commentaire : La réputation du CNEGU n’est que le reflet de l’image qu’il donne de lui-même à travers son site Internet. Il n’est pas question de critiquer ici une méthodologie d’enquête, sans doute très sérieuse, mais bien un choix stratégique de communication : celui de ne présenter QUE (ou presque) des affaires résolues comme étant d’origines prosaïques (méprises, canulars, etc.)

L’auteur évoque ce choix et argumentera plus loin ce dernier d’une manière éminemment contestable. J’y viendrais.

Suffisamment engagé dans cette logique, le comité, bien que réduit en effectifs, poursuivit ses efforts de réflexion pour mettre en place une recherche plus pragmatique et moins « naïve», sur un phénomène trop porteur de fantasmes.

Commentaire : Voilà une phrase porteuse d’autant de « fantasmes » que son auteur en attribue lui-même aux autres. Enquêteurs de terrain d’autres associations et/ou quidams intéressés ne pratiquent pas forcément de recherches plus « naïves » ni moins pragmatiques que les membres du CNEGU et ses affidés.

Peut être est-il bon de souligner à l’auteur, que personne n’a le monopole des « efforts de réflexion pragmatiques » ?

Perdu dans sa campagne du Nord-Est, le CNEGU manquait de cas à fort indice d’étrangeté à se mettre sous la dent (hormis un enlèvement allégué).

Commentaire : Bizarrement, et bien que la phrase du dessus évoque une période passée assez lointaine, l’esprit chagrin que je suis trouve une contradiction avec ceci :

Peut-être puis-je les rassurer en précisant qu’il subsiste dans nos dossiers bien des cas pour lesquels nous ne sommes pas parvenus à proposer des explications rationnelles.

Passons à un poncif éculé, que l’auteur croit bon de devoir rappeler, et qui pourrait provoquer moult bâillements d’ennui :

Une chose est désormais établie à nos yeux : si l’on veut trouver l’explication à une observation présumée insolite, encore faut-il la chercher ! Et pour ce faire, encore faut-il s’appuyer sur le « principe d’économie » si cher (à juste titre) à la démarche zététique (10).

Commentaire : Hélas ! Face à ce martelage, que répondre, une fois de plus, sinon par une autre évidence : il est à craindre ( ?), pour les membres du CNEGU (et les zététiciens ), qu’ils n’aient pas le monopole d’un sain raisonnement lors de tel ou tel approche de cas ufologique. Les membres du CNEGU seraient-ils victime(s) d’un complexe de supériorité ? Se sentent-ils être une sorte d’élite ufologique ? Je pose la question…

De fil en aiguille, nos enquêtes nous ont conduits à découvrir qui une voiture en guise de soucoupe volante, qui des obus éclairants en lieu et place d’une escadrille de PAN, qui un ballon jouant à l’entité humanoïde volante, qui l’étoile du berger survolant les toits ou se jouant des lois de l’optique dans l’œil de témoins sincères mais pourtant mystifiés, … J’en passe et des meilleures !

Commentaire : Liste fort peu étoffée, que l’on pourrait facilement contrer par une autre qui exposerait des cas jamais résolus, et dont les aspects évoquent pour le moins difficilement, sauf à tordre les faits relatés, des causes banales. J’en passe et des meilleures également.

Corollaire : Où donc est l’intérêt à rabâcher continuellement des méprises évidentes ? Surtout lorsque l’on avoue plus ailleurs dans le texte :

qu’il subsiste dans nos dossiers bien des cas pour lesquels nous ne sommes pas parvenus à proposer des explications rationnelles.

Passons à la suite…

Je n’allongerai donc pas inutilement cette liste des artefacts, naturels ou artificiels, qui ne cesse de s’allonger, notamment dans les domaines de la photographie et de la vidéo.

Commentaire : Argumentation fallacieuse qui tient plus du matraquage répétitif (encore !) que d’un exposé sérieux. Que répondre aux évidences de ce genre ? Nions tout le reste car il existe des artefacts de tous types ? C’est bien çà ?

Notre expérience tend à montrer qu’en lieu et place d’un phénomène complexe (voire exotique) pour expliquer simplement une observation insolite, se trouve souvent une cause fort simple (voire banale) mais qui peut s’avérer masquée par un contexte et/ou un processus cognitif occasionnellement complexe.

Commentaire : Encore cette vieille antienne. L’immense majorité des personnes intéressées par le sujet n’ont pas attendu les membres du CNEGU (ou d’autres associations ufologiques) pour se rendre compte d’une… Nième évidence !

Cela n’empêche toujours pas l’existence d’une fraction d’évènements relatés, comprenant des éléments bien étranges dont le « processus cognitif occasionnellement complexe » resterait à prouver autrement que par des hypothèses jamais fondées de manière factuelle.

Il s’agit le plus souvent d’étalages pseudo scientifiques. Prenons, par exemple, celui qui consista à mettre péremptoirement en cause la santé du témoin, du cas dit « des amarantes », au travers d’un étalage de pathologies hypothétiques, censé valider l’imagination fertile d’un certain plumitif sceptique.

A ce stade de mon discours, les esprits chagrins, s’ils n’ont pas encore renoncé à poursuivre la lecture, ne manqueront pas de vociférer sur le fait que mes propos révèlent « in fine » une tendance maladive à tout réduire et à prétendre tout expliquer prosaïquement. Ils nous taxeront sûrement de bornés anthropocentristes menant une croisade aux relents obscurantistes. Que sais-je encore ?

Commentaire : Amusant cette habitude de prêter aux autres des pensées par pure anticipation… C’est là un vrai cas de « processus anticipatif (pseudo)cognitif occasionnellement complexe » (çà jette hein ?)
Obscurantisme ? Sûrement pas !
Dogmatisme ? Un ange passe. Non : n’y pensez même pas… « Que sais-je encore ? »

En effet, comment imaginer qu’une personne puisse apporter un avis pertinent sur un cas inexpliqué si elle n’a pas, au préalable et de manière récurrente, montré qu’elle était en mesure d’établir le caractère explicable de cas présumés être, de son propre point de vue, en forte majorité ? Le « chercheur d’insolite » ne devrait-il pas s’affirmer, avant toute autre chose, comme un « découvreur d’ordinaire », un révélateur de méprises, de la plus banale à la plus subtile ?

Commentaire : Encore ce présupposé généraliste. Un véritable fourre-tout, consistant à mettre tous les enquêteurs de terrain, tous les ufologues, toutes les personnes intéressées dans le même panier : celui des chercheurs d’insolites, incapables d’opérer des distinguos.

Sans compter qu’ici, sur UFOFU, et sur d’autres forums de « tenants », ce ne serait pas la première fois que des cas auraient été élucidés, ou tout au moins ramenés à des solutions bien plausibles et sans l’aide du CNEGU et ses affidés.

J’ajouterais qu’il ne faut pas être grand clerc pour se « permettre » un avis pertinent, entre une RR2 relaté avec force détails, et un simple point lumineux, au comportement banal vu au loin. Mais cela, allez l’expliquer à des gens qui pensent qu’à quelques mètres, en pleine journée, on ne puisse assister à spectacle insolite sans (forcément !) être la victime d’un « contexte et/ou un processus cognitif occasionnellement complexe. »

Venons-en maintenant au plat de résistance (si j’ose dire) et qui servira de conclusion.

J’avoue que c’est un thème central et qui a été exposé ici même sur UFOFU, lors d’un échange avec « Rosetta » (membre du CNEGU) :

Un choix délibéré, souvent mal perçu.
L’heure est venue de répondre à nombre de nos détracteurs et donc à la question :
Pourquoi si peu de cas inexpliqués dans les publications ou sur le site du CNEGU ?
La question parait légitime pour qui s’intéresse au problème des PAN. La réponse devrait vous apparaître tout aussi justifiée, si vous prenez la peine de suivre mon raisonnement.

Et d’afficher globalement les raisons :

En termes d’apport de données significativement insolites, nos travaux demeurent à ce jour globalement peu fructueux, ceci après trois décennies d’existence.

- En termes d’explications fournies, au cas par cas, le CNEGU sort largement de la moyenne observable au niveau de l’ufologie privée hexagonale, voire plus largement.
- En termes de méthodologie, tant sur le plan de certaines enquêtes que sur les diverses opérations (VECA, Saros,…) le CNEGU a fait preuve tant d’originalité et d’innovation que d’efficacité.

En conséquence, nos moyens restant très limités, notre choix délibéré fut et demeure de diffuser en priorité les cas pour lesquels une explication rationnelle peut être apportée de manière rigoureuse et détaillée

Commentaire : Voici donc pour l’explication officielle (sinon médiatique) dans le choix du CNEGU de ne présenter que des affaires dites réduites.

On pourrait s’amuser, ou perdre son temps c’est selon, à rechercher un raisonnement logique, dans une synthèse de ce type :

« Puisque l’on a réduit plus de cas à des causes classiques qu’il ne nous reste de cas inexpliqués, et parce que nos moyens restent très limités (sic) pourquoi se donner la peine de présenter (je re-cite l’auteur) : nos dossiers [où subsistent] bien des cas pour lesquels nous ne sommes pas parvenus à proposer des explications rationnelles.

Mais ce n’est pas fini ! Atteignons maintenant le comble de l’hypocrisie.

Accrochez-vous, et prière de ne pas s’esclaffer… :

Poursuivons en précisant qu’il s’avère tout aussi important de « préserver » les cas pouvant présenter un intérêt réel dans la mesure où ils résistent à l’analyse.
J’entends par « préserver », l’idée que si ces cas méritent indiscutablement que l’on si arrête et que les divers chercheurs puissent en disposer aisément, le fait de les diffuser plus largement, notamment sur le web, n’est pas une attitude neutre sur le plan méthodologique et donc sur celui de l’approche scientifique.
Je ne prendrai qu’un exemple volontairement très simple.
Imaginez qu’un chercheur porte son attention sur une caractéristique particulière du phénomène (prenons la forme décrite, toujours pour rester simple). Le fait de diffuser dans le domaine public la forme observée dans telle ou telle occurrence peut effectivement fausser la recherche, dans la mesure où cette même forme, rapportée ultérieurement, ne le sera peut-être pas sans avoir subi une possible induction. Qui pourra exclure cette éventualité ?

Autrement dit, une diffusion non raisonnée des données contribue à compliquer, voire à dégrader la recherche elle-même. Il n’est donc pas idiot de s’interroger sur l’intérêt véritable qu’il y a, outre le plaisir de rapporter de belles histoires insolites, à divulguer les cas avec force de détails. (…)

L’idée n’est certes pas de restreindre l’information mais bien d’éviter que trop d’informations superflues ne tuent l’information à venir. Cet argument pèse donc lui aussi dans notre choix délibéré de ne pas diffuser plus que nécessaire les cas qui nous paraissent dignes d’intérêt. Il y a selon moi un équilibre à trouver entre diffusion pour alimenter la recherche et discrétion pour éviter de lui nuire.

Un ange (re)passe… (oui, je sais : une vraie volière)

A ce stade de la lecture j’avoue être sans voix devant l’argumentaire tortueux (pour ne pas dire tordu) de l’auteur validé par les autres personnes membres du CNEGU (rappelons-le).

Or donc, voici synthétiquement exposé, l’explication au sujet de l’absence de cas « étranges » sur le site du CNEGU :

Nous ne diffusons pas de cas d’intérêt réel afin de les « préserver » et donc éviter de « fausser la recherche ».

L’esprit se brouille devant un tel fatras d’arguments biaisés et spécieux, exposés dans le seul but de faire avaler le factuel : une réelle rétention d’information(s) !!

Nous noterons à contrario, et pour reprendre l’expression de l’auteur, qu’il n’y a « rien d’idiot » à s’interroger sur le(s) but(s) véritable(s) de faire de la censure d’informations ufologiques (appelons un chat : un chat).

Surtout lorsque l’on use comme prétexte fallacieux (entre autres déjà évoqués) une absence d’intérêt à rapporter de « belles histoires insolites » qui seraient divulgués « avec force détails ».

A quels cris d’orfraies n’aurait-on pas droit, et à juste titre, de la part des membres du CNEGU (et autres sceptiques), si certains groupes ufologiques, ufologues ou simples intéressés par la chose, inverseraient un tel raisonnement en prétextant un droit, en effet potentiellement exorbitant, qui consisterait à ne jamais informer le public sur des cas « réduits ».

Cette façon de faire du CNEGU n’a qu’une raison d’être :

Taire les cas allant à contrario de l’Hypothèse Psychosociale (HPS).

Elle n’a qu’une seule cause réelle :

L’attachement à un dogme rationaliste.

Je proposerais à l’auteur, et aux membres du CNEGU, de méditer cette courte tirade du Nouveau Testament :

« Apporte-t-on la lampe pour la poser sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour la mettre sur le lampadaire ? Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être produit au grand jour.» Marc 4 – 21-23

J’oubliais la fin de cette tirade… A bon entendeur d’entendre.

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